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 Le mot Internet est apparu en France en 1996 et il a fait rapidement fortune dans les medias. Un an apres, une enquete revelait que 70% des 18-24 ans etaient interesses a Internet. Bienvenue sur ScoalaOnline !

 

 
 
 
 
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Le français contemporain


À la fin du XIXe siècle, le français est à peu près tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le vocabulaire a continué de s'enrichir avec le parlementarisme de la IIIe République (1870-1940) et la création des partis politiques, la naissance des syndicats, de la grande finance et du grand capitalisme, la renaissance des sports, l'amélioration des moyens de transport: apparition de l'avion, de l'automobile, de l'autobus et du tramway électrique. Les emprunts à l'anglais d'outre-Manche pénètrent massivement dans la langue française. Mais l'unité linguistique prônée lors de la Révolution française était, du moins en France, loin d'être réalisée. Il a fallu plusieurs décennies d'efforts dans les écoles pour tenter de faire disparaître les «idiomes» parlés par les français. Puis, la Première Guerre mondiale jeta les hommes de France pêle-mêle dans toutes les directions, colonies comprises. On n'avait jamais vu un tel brassage de populations, qui favorisa nécessairement l'uniformisation linguistique.
1. Le rôle de l'Instruction publique dans la langue francaise
Un peu après le milieu du XIXe siècle (en 1863), on comptabilisait encore 7,5 millions de Français ignorant la «langue nationale» (sur près de 38 millions d'habitants. Selon les témoignages de l'époque, les enfants des villages de province ne retenaient guère le français appris à l'école; celui-ci «ne laisse pas plus de trace que le latin n'en laisse à la plupart des élèves sortis des collèges». Les élèves reparlaient «le patois au logis paternel». En 1831, dans l’une des lettres des préfets des Côtes-du-Nord et du Finistère à M. de Montalivet, ministre de l'Instruction publique, on pouvait lire lit ce texte sans équivoque dont le discours est plus radicalisé:
Dès lors, la France commença ce qu'on appellerait aujourd'hui son véritable «génocide culturel» dans les régions françaises, particulièrement en Bretagne. Cette directive de monsieur Auguste Romieu, sous-préfet de Quimper en 1831, serait considérée au XXIe siècle comme de la pure discrimination:

Multiplions les écoles, créons pour l'amélioration morale de la race humaine quelques unes de ces primes que nous réservons aux chevaux; faisons que le clergé nous seconde en n'accordant la première communion qu'aux seuls enfants qui parleront le français.

En 1845, les «linguicides» étaient déjà apparus depuis un certain temps. En témoignent ces propos d'un sous-préfet du Finistère aux instituteurs: «Surtout rappelez-vous, Messieurs, que vous n'êtes établis que pour tuer la langue bretonne.» À cette époque, on semblait en vouloir particulièrement au breton.

Avec l'adoption de la loi Ferry (1881), qui institua l'école obligatoire et gratuite, le français s'imposa finalement sur tout le territoire de la France et se démocratisa. Les patois ne purent que difficilement résister aux méthodes de répression et aux techniques de refoulement, de délation ou d'espionnage, qui marquèrent des générations d'enfants. Tout au cours du XXe siècle et jusque dans les années 1960, les gouvernements ont adopté pas moins de 40 lois concernant surtout l'enseignement, la presse, l'administration et l'orthographe. Au début du siècle, comme la francisation n’allait pas assez vite au gré du ministère de l’Éducation nationale, les autorités suggérèrent fortement de faire nommer des instituteurs qui ignoraient tout des parlers locaux
Et enfin une proclamation provenant d’Anatole de Monzie, ministre de l’Instruction publique (1925): «Pour l'unité linguistique de la France, il faut que la langue bretonne disparaisse.»
On se souviendra sans doute des panneaux affichés un peu partout en Bretagne, que ce soit dans les bus, les écoles ou autres lieux publics: «Interdiction de parler breton et de cracher par terre.» Beaucoup d’enfants furent punis parce qu’ils parlaient breton à l'école: ils devaient rejeter la langue de leurs parents. L’histoire est là pour nous rappeler également l’usage institutionnalisé du «symbole» accroché au cou des élèves, de la délation, des brimades et des vexations de la part des instituteurs dont la mission était de supprimer l’usage des parlers locaux.
Ces procédés ont été heureusement abandonnés et l'on ne retrouve plus d'affiches contemporaines du genre: «Il est interdit de cracher par terre et de parler patois.» Mais les patois ne sont pas disparus pour autant. Il s'agissait, en fait, de techniques d'assimilation que la France a largement utilisées, à partir de la fin du XIXe siècle, dans son empire colonial: au Maghreb, en Afrique noire, dans l'océan Indien (île de La Réunion) et dans le Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, etc.).
Dans les écoles, les méthodes pédagogiques dans l'enseignement du français se radicalisèrent. Durant tout le XIXe siècle, l'enseignement de la langue française reposa obligatoirement sur la grammaire codifiée par Noël et Chapsal (Grammaire française, 1823) ainsi que sur l'orthographe de l'Académie. Les élèves français apprirent une énumération d'usages capricieux érigés en règlements qui ne tenaient pas compte des fluctuations possibles de la langue usuelle et où la minutie des exceptions formait l'essentiel de l'enseignement grammatical.
Comme la connaissance de l'orthographe était obligatoire pour l'accession à tous les emplois publics, chacun se soumit. La «bonne orthographe» devint une marque de classe, c'est-à-dire de distinction sociale. Évidemment, les enfants de la bourgeoisie réussissaient mieux que ceux de la classe ouvrière, qui montraient des réticences à adopter une prononciation calquée sur l'orthographe.

2. Le discours antipatois

En France, le discours antipatois est toujours resté très profond chez les dirigeants politiques. Par exemple, en 1972, Georges Pompidou, alors président de la République, déclarait : «Il n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France qui doit marquer l'Europe de son sceau.» Il est vrai que, depuis plus de vingt-cinq ans, le discours sur cet épineux sujet a beaucoup changé dans ce pays. C’est ainsi que François Mitterand, président de la République de 1981 à 1995, annonçait ses couleurs, deux mois avant son élection (1981, à Lorient):

Le temps est venu d’un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l’école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu’elles méritent dans la vie publique.

Toutefois, malgré ce discours à saveur électoraliste, la situation ne semble pas avoir évolué considérablement, car, lors des débats sur le traité de Maastricht, Robert Pandraud (député et ancien ministre) déclarait le 13 mai 1992:

Je rends hommage à l'école laïque et républicaine qui a souvent imposé le français avec beaucoup d'autorité — il fallait le faire — contre toutes les forces d'obscurantisme social, voire religieux, qui se manifestaient à l'époque. Je suis également heureux que la télévision ait été un facteur d'unification linguistique. Il est temps que nous soyons français par la langue. S'il faut apprendre une autre langue à nos enfants, ne leur faisons pas perdre leur temps avec des dialectes qu'ils ne parleront jamais que dans leur village: enseignons-leur le plus tôt possible une langue internationale!

Autrement dit, à en croire ces déclarations de la part de personnalités officielles, les dirigeants français ne se préoccupent que de la langue française. En mai 1997, Daniel Gauchon, inspecteur de l'Éducation nationale, proclamait encore:

Les langues régionales ont sans doute leur place à l'école comme l'enseignement de n'importe quelle langue ou discipline, mais le bilinguisme en langue régionale est incompatible avec les principes de fonctionnement de l'école publique. Il privilégie la culture et la langue d'une communauté alors que le rôle de l'école publique est de privilégier la culture et la langue françaises dans un objectif de cohésion sociale.

Quand on étudie la législation linguistique de la France, on constate que ce pays a adopté une quantité impressionnante de lois portant sur les cultures et les langues régionales, sur les collectivités territoriales et sur la langue française. On compte au moins une douzaine de lois, une vingtaine de décrets, plus de 40 arrêtés (dont une vingtaine sur la terminologie) et autant de circulaires administratives. La plupart de ces textes juridiques traitent avant tout de la langue d'enseignement et de la terminologie française. Cela signifie que la législation française porte moins sur les droits linguistiques que sur la promotion de la langue française considérée du point de vue du code lui-même. Il s'agit là d'une vieille tradition qui consiste à ignorer les langues régionales.
Pour ce qui est des droits des langues régionales, les textes juridiques n'en parlent d'ailleurs que très peu. Toutefois, la tendance actuelle est à élargir le droit à la différence et à reconnaître la spécificité de ces langues régionales, surtout depuis la signature, le 7 mai 1999, de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
M. Jack Lang dit par ailleurs être «un militant de toujours de la reconnaissance de la pluralité des cultures». Il ajoute: «J'aurais voulu être linguiste : il n'y a rien de plus mystérieux et de beau qu'une langue, si restreinte soit-elle.» De plus, selon le ministère de l’Éducation nationale, les grandes lignes du projet d'enseignement pour les écoles primaires comportent la généralisation de l’apprentissage d’une langue vivante. Deux voies semblent aujourd’hui offertes dans l’enseignement public: l'initiation aux langues régionales et le bilinguisme français-langues régionales. Après la signature de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, un communiqué du premier ministre précisait que la France souscrivait à 39 engagements parmi les 98 proposés par la Charte.
C'est seulement au moment de la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires que serait précisée la liste des langues concernées — probablement l'alsacien, le breton, le basque, le catalan, le corse, le flamand, le provençal et l'occitan — ainsi que les engagements s'appliquant à chaque langue. Il semble que les dispositions applicables aux langues régionales seront «à géométrie variable».
L'enseignement bilingue à la maternelle et au primaire serait «possible» pour les élèves «dont les familles le souhaitent et dont le nombre est jugé suffisant», mais il «ne pourrait être imposé»; il en serait ainsi au secondaire et au professionnel, mais ce sont les souhaits des élèves. On verra bien, mais cette question n’a pas fini de susciter la controverse en France.

3. La question de l’ortographe

L’enseignement de la langue française manifeste encore aujourd'hui des signes de conservatisme inévitables dans la mesure où les réformes de l'orthographe ont toutes avorté, et ce, depuis plus de deux siècles: l’archaïsme et la complexité du système restent intacts. Les linguistes dénoncent en vain le caractère arbitraire de l'orthographe, qui ne correspond plus à la réalité linguistique contemporaine.
L'usager moyen respecte de moins en moins les normes écrites et hésite à consacrer un temps qu'il croit disproportionné à l'apprentissage de la langue écrite. Plusieurs voient même, dans le maintien de l'orthographe actuelle, un moyen de discrimination sociale. Abstraction faite des prises de position idéologiques en cette matière, la détérioration de la langue écrite se généralise et met celle-ci dans une situation critique en France, au Québec, en Belgique et en Suisse romande.
La «crise des langues» touche aussi d’autres pays industrialisés comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Hongrie, la Chine, la Corée, la Croatie, etc., sans atteindre toutefois des proportions aussi endémiques que dans les pays francophones, particulièrement au Québec. Pour le linguiste Alain Rey: «La crise des langues n'est qu’un aspect de la crise, permanente, des sociétés, et peut-être une manière d'en masquer en partie la nature essentiellement politique.» Que le problème soit pédagogique, social ou politique, il faudra bien un jour trouver des solutions. Après tout, les Italiens, les Espagnols, les Hollandais et les Norvégiens ont réformé leur orthographe. En France, il aurait fallu s'y mettre dès le XVIIe ou au XVIIIe siècle, alors que peu de gens savaient lire et écrire. Aujourd'hui, plusieurs croient qu'il est trop tard. Pendant ce temps, les francophones ont mal à leur orthographe.
L’année 1990-1991 a été justement marquée par ce qu’on a appelé en France «la réforme de l’orthographe». En effet, la question de la réforme de l'orthographe a de nouveau occupé le devant de la scène de septembre 1990 à janvier 1991, y compris durant la crise du Golfe. Des débat publics assez vifs, relayés par les médias, ont suivi l'annonce de propositions d'aménagement formulées en juin 1990 par les pouvoirs publics. D'autres pays, qui se préoccupent de l'aménagement de l'orthographe de leur langue, comme l'Espagne, les Pays-Bas, la Russie ou l'Allemagne, ignorent ces polémiques.
Rappelons donc quelques faits. En octobre 1989, le premier ministre français, M. Michel Rocard, donna le mandat au Conseil supérieur de la langue française (dirigé par M. Bernard Quémada et composé de grammairiens, linguistes, responsables de l'enseignement, écrivains, éditeurs, etc.) de réfléchir à des modifications modérées de l'orthographe en vue d'harmoniser les orthographes hésitantes (plusieurs milliers de mots dans cette situation) et de simplifier le système d'accentuation. Ce mandat ne donna lieu à aucun commentaire.
Le Conseil supérieur présenta en juin l990, après consultations et avis favorable de l'Académie française, des propositions portant sur cinq points. Ces propositions, concernant environ 1500 mots, portaient essentiellement sur les points suivants:

- le trait d'union, supprimé dans quelques dizaines de cas (porteclé, chauvesouris, etc., mais faisant son apparition dans les numéraux au-dessus de cent (deux-cent-un);
- l’accord de certains type de noms composés: des pèse-lettres (un pèse-lettre), des après-midis, des brises-glaces, etc.;
- l’accent circonflexe du [i] et du [u] supprimé, sauf quelques exceptions;
- les accents: harmonisation pour les verbes en - eler et - eter (il ruissèle, j'époussète);
- le participe passé de laisser suivi d'un infinitif demeure invariable.

Les réactions se multiplièrent: des écrivains, des journalistes et quelques associations d'enseignants combattirent ces propositions, soutenus par cinq prix Nobel. Plusieurs furent indignés parce qu’on remettait en cause le «génie de la langue française». Des linguistes, en revanche, défendirent le projet (Nina Catach, Claude Hagège, André Goose, etc.), ainsi que des associations nationales et internationales d'enseignants de français. Le gouvernement français n'a plus osé intervenir pour mettre en vigueur le projet. Le gouvernement du Québec accueillit favorablement le projet de rectifications, mais signifia qu'il devait être formellement appliqué en France avant de procéder à la mise en oeuvre au Québec et souhaita une concertation avec les pays francophones. Dès lors, les académiciens apparurent partagés; le président de la République française recommanda d'aborder ce problème «avec bon sens et gentillesse». À l'époque, les médias français ont parlé d'un échec.
Après la publication le 6 décembre du Rapport du Conseil supérieur de la langue française concernant les «rectifications de l'orthographe» au Journal officiel sous la forme d'un document administratif (c'est-à-dire n'ayant aucune portée contraignante), l'Académie française délibéra de nouveau, confirma son accord en l'assortissant d'une «période probatoire» devant permettre à l'usage de s'établir tout en se réservant le droit de revenir sur les rectifications.
Ainsi, il apparaît qu'il n'y aura pas d'imposition de nouvelles normes orthographiques, mais un processus long et une polémique qui s’est éteinte peu à peu. Comme d’habitude, c’est un échec, même si la réforme n'est pas morte. Certains groupes, peu nombreux mais influents, ont commencé à appliquer les rectifications orthographiques. Des ouvrages de référence tels que Le Bon Usage, le Dictionnaire de l'Académie, le Dictionnaire Hachette, etc., font état de ces rectifications; le Petit Larousse et le Petit Robert n'ont, jusqu'ici, adopté qu'une partie des rectifications proposées. Les ministères de l'Éducation de la Communauté française de Belgique et de la Suisse romande ont indiqué à leurs enseignants que l'orthographe traditionnelle et l'orthographe rectifiée coexistent. L'Office québécois de la langue française a pris une attitude attentiste. Pour le moment, les rectifications ne sont toujours pas enseignées dans les écoles, tout en demeurant peu connues, voire inconnues du grand public. Il est possible, après tout, que la simplification du pluriel des noms composés et la francisation des noms étrangers aient plus de chances d'être acceptées.

4. La féminisation des noms de métiers

Il en est ainsi de la féminisation des noms de métiers, car cette autre réforme commence à entrer dans les moeurs françaises avec la décision du ministère de l'Éducation nationale d'appeler désormais au féminin les noms de métiers exercés par des femmes relevant de son autorité. Ainsi, toute femme employée dans ce même ministère, le plus important par le budget et par le nombre en France, sera appelée une inspectrice, une doyenne, une maîtresse de conférence, une professeur agrégée, une chef de service.
Le ministère de l'Éducation nationale est ainsi la première administration française à appliquer concrètement une directive récente du premier ministre prescrivant la féminisation des titres. C’est l'ancien premier ministre français (Lionel Jospin) qui a semblé regretter (mars 1998) que la féminisation lancée par l’un de ses prédécesseurs, Laurent Fabius (en 1984), n'ait pu aboutir. Il avait demandé alors à une commission de terminologie et de néologie de faire «le point sur l'état de la question», notamment «à la lumière des pratiques passées et des usages en vigueur dans d'autres pays francophones».
On sait qu’en France la féminisation des noms de métiers, de grades ou de fonctions s’est toujours heurtée à de fortes oppositions, notamment de la part de l'Académie française qui décide de ce qui est conforme à la langue. Au début de l’année 1998, cette noble institution fondée en 1635, avait lancé une adresse solennelle au président de la République (Jacques Chirac) au sujet de l'appellation Madame la Ministre, estimant que la fonction des ministres ne leur conférait pas «la capacité de modifier [...] la grammaire française et les usages de la langue». L’Académie française avait même déploré l'emploi chez les Québécois des mots auteure, professeure, écrivaine et chez les Belges de sapeuses-pompières. L’Académie a alors affirmé: «Ce n'est pas à la France de donner l'exemple de semblables déviations, et cela, chez les membres du pouvoir exécutif.»
Cette prise de position de l’Académie avait suscité un tollé de protestations non seulement au Québec et en Belgique, mais aussi chez les associations féminines françaises, qui l'avaient jugée rétrograde. En effet, plusieurs femmes parmi les ministres avaient répliqué qu'elles tenaient à la féminisation de leur fonction. Contrairement à l’orthographe, espérons que la féminisation des noms de métiers, de grades ou de fonctions aura plus de succès.

5. La coexistence des usages

Autre trait caractéristique de notre époque: la coexistence des normes et des usages français. Alors que jamais le nombre des locuteurs francophones n'a été aussi élevé et que jamais un aussi grand nombre d'États ne se sont intéressés au français, l'Autorité traditionnelle semble être morte. L'Académie française a perdu beaucoup de sa crédibilité et semble être devenue le vestige d'une époque révolue. Pensons à la réforme avortée de l’orthographe et à la position controversée sur la féminisation des titres. Aujourd’hui, les nouveaux "maîtres" de la langue sont davantage les médias et les publicitaires, dont l'influence est autrement plus considérable que celle des académiciens ou des terminologues. Dans ces conditions, les normes se modifient au gré des modes.
De plus, dans chaque région du monde où l'on parle le français, il s'est développé une prise de conscience de la langue comme instrument d'identification nationale. Les Wallons, les Suisses romands, les Québécois francophones, les Maghrébins, les Sénégalais, les Ivoiriens, les Antillais, etc., ne veulent pas parler exactement comme les Français. Chaque pays a tendance à cultiver sa propre norme locale, c'est-à-dire une variété de français qui a conservé un certain nombre de traits originaux. Nos contemporains se permettent de moins en moins d'ignorer la langue commune, mais ils ne semblent plus hantés par les questions relatives à la "pureté", à la «distinction» et à la «qualité». La spontanéité et l'aspect fonctionnel comptent davantage, sans mettre en péril la communication.

6. L’hégemonie de l’anglais dans les sciences

Jusqu'au XXe siècle, les mots anglais empruntés par le français ne s’étaient jamais imposés par doses massives, bien au contraire. Toutefois, l'histoire contemporaine peut témoigner que les emprunts anglais sont maintenant massivement entrés dans la langue. L'apport anglais, soulignons-le, est récent dans l'histoire du français. On peut même dire que, jusqu'au XVIIe siècle, l'influence anglaise a été insignifiante: 8 mots au XIIe siècle, 2 au XIIIe, 11 au XIVe, 6 au xve, 14 au XVIe, puis 67 au XVIIe, 134 au XVIIIe, 377 au XIXe et... 2150 au XXe siècle. Tous les emprunts antérieurs au XVIIIe siècle ont été intégrés au français de telle sorte que l'on ne les perçoit plus de nos jours comme des mots anglais: est (< east), nord (<north), ouest (<west), sud (<south), paletot (<paltok), rade (<rad), contredanse (<country-dance), pingouin (<pinguyn), paquebot (<packet-boat), comité (<committee), boulingrin (<bowling-green), interlope (< interloper), rosbif (<roast-beef), etc.

En définitive, c'est vers le milieu du XVIIIe siècle que l'influence de l'anglais a commencé à se faire sentir. Les mots concernent le commerce maritime, les voyages exotiques et coloniaux, les moeurs britanniques, les institutions parlementaires et judiciaires de la Grande-Bretagne, les sports hippiques, les chemins de fer, les produits industriels. Dès le milieu du XXe siècle, les États-Unis ont relayé la Grande-Bretagne et ont inondé de leurs mots le cinéma, les produits industriels, le commerce, le sport, l'industrie pétrolière, l'informatique et à peu près tout le vaste domaine des sciences et de la technologie américaine.

En 1965, Pierre Guiraud dénombrait 700 mots anglais passés au français depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Outre le fait que le calcul restait sûrement en deça de la réalité, le nombre des emprunts à l'anglais s'est multiplié depuis ce temps – au moins 2500. Toutefois, à la différence de l'influence italienne qui a subi l'épreuve du temps, l'influence anglo-américaine est encore trop récente pour que nous puissions évaluer ce qu'il en restera dans 50 ou 100 ans. Comme on le sait, la plupart des emprunts transmis à une époque donnée sont appelés à disparaître dans les décennies qui suivent leur adoption. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'influence de la langue anglaise restera très marquante dans l'histoire du français – comme celle du français sur l’anglais – et de plusieurs autres langues.

Rappelons-nous que, comme le rapporte si bien Henriette Walter, l’anglais demeure un "vieux compagnon de route". En effet, depuis neuf siècles, les rapports entre l’anglais et le français ont toujours été "intimes" et les échanges entre les deux langues ont toujours été déséquilibrés, d’abord à l’avantage du français, puis aujourd’hui à celui de l’anglais. En effet, entre le XIe siècle et le XVIIIe siècle, le français a transmis à l’anglais des milliers de mots au point où l’on peut affirmer que de 50 % à 60 % du vocabulaire anglais est d’origine française. Toutefois, le processus s’est inversé à partir du milieu du XVIIIe siècle et les mots anglais ont alors nourri la langue française. Ensuite, depuis le milieu du XXe siècle, la tendance s’est considérablement accélérée à partir, cette fois-ci, des États-Unis d’Amérique.

On recense dans les dictionnaires français actuels plus de 2500 mots empruntés à l’anglais. Cette liste pourrait considérablement s’allonger dans le cas des lexiques spécialisés. Le développement de la technologie et la domination de l'anglo-américain dans les sciences et les techniques actuelles laissent présager une suprématie considérable de la langue anglaise à l'échelle planétaire. Celle-ci est devenue la lingua franca du monde contemporain, c'est-à-dire la langue véhiculaire des communications internationales, tant sur le plan commercial que culturel, scientifique, technologique et diplomatique (politique).

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette arrivée massive de termes anglais dans la langue française, car il s’agit plus que d’un engouement à l’exemple de ce que le français a vécu avec l’italien au XVIe siècle. Il y a, bien sûr, la civilisation américaine qui exerce une attraction considérable sur les francophones et transporte avec elle les mots qui véhiculent cette même civilisation. Cependant, on ne peut ignorer certaines causes d’ordre linguistique.
En effet, on sait que l’anglais est une langue germanique (comme l’allemand et le néerlandais) alors que le français est une langue romane (comme l’espagnol et l’italien). Or, d’une part, en raison de l’influence exercée par le français, l’anglais est devenu une langue fortement romanisée dans son vocabulaire; d’autre part, le français a été relativement germanisé par le francique lors de la période romane, ce qui explique en partie certaines ressemblances étonnantes entre les langues française et anglaise. De plus, l’anglais a toujours abondamment puisé dans le latin et le grec pour acquérir les mots dont il avait besoin. On peut, en effet, constater aujourd’hui qu’une très large part du vocabulaire scientifique et technique anglais est d’origine gréco-latine, ce qui facilite les acquisitions du français en raison, comme on le sait, d’affinités naturelles avec les fonds latin et grec.

Deux lexicologues d’origine française, Henriette Walter et Gérard Walter ont effectué une analyse minutieuse de 70 000 mots puisés dans Le Petit Larousse et Le Petit Robert. Sur ce nombre de mots, ils ont relevé 8088 emprunts aux langues trangères, soit 11 % du corpus. Le nombre des langues s’élève à plus de 120. Bien sûr, toutes ces langues n’ont pas la même importance. Ainsi, les mots empruntés à l’anglais (2527) et à l’italien (1077) ne sauraient se comparer à ceux empruntés au swahili (2), au coréen (2) ou à l’iranien (1). Néanmoins, dans tous les cas, ils reflètent la qualité des contacts qu’ont entretenus entre eux les peuples au cours de leur histoire. En ce qui a trait au français, les faits révèlent que ces contacts ont été nettement plus étroits avec l’anglais, l’italien, le germanique ancien, l’arabe, l’allemand et l’espagnol. Or, tous les peuples qui parlaient ces langues ont été des voisins immédiats – souvent des ennemis – des Français. Ainsi, la proximité géographique et les conflits militaires ont-ils joué un rôle déterminant.

7. La normalisation et la législation linguistique

Notre époque subit l'influence de la suprématie de l'anglais dans le monde. Le français ne fait pas exception à la règle: l'industrie du spectacle, les produits industriels, les sciences et les nouvelles technologies, les moeurs des États-Unis enrichissent la langue. À l'instar de plusieurs pays, le gouvernement français a institué de nombreux organismes chargés de créer une terminologie française et d'assurer la défense et l'expansion de la langue: l'Académie française rend obligatoires certains mots nouveaux; le Haut-Comité de la langue française veille à la qualité de la langue; l'Association française de terminologie, qui agit conjointement avec l'Office de la langue française du Québec et le Service de la langue française de la Communauté française de Belgique, s'occupe de néologie en recensant les besoins et en créant de nouveaux mots. Le Conseil international de la langue française réunit des spécialistes de tous les pays francophones et publie des travaux terminologiques importants; il coordonne également le travail de certaines commissions de terminologie. La législation française interdit même l'emploi exclusif d'une langue étrangère en France dans la présentation des produits de consommation.

La profusion terminologique gagne la langue commune, qui présente des traits techniques évidents, voire technocratiques. Parallèlement, la publicité apporte sa contribution: des mots ou expressions plus populaires sont diffusés à l'échelle de pays entiers. Bon an mal an, le français s'enrichit de 60 000 à 70 000 mots nouveaux, provenant de sources diverses telles que les milieux scientifiques, industriels, commerciaux, publicitaires et journalistiques. C'est là le signe manifeste du dynamisme de la langue.

Du côté JURIDIQUE, les dispositions constitutionnelles portant explicitement sur la langue étaient inexistantes jusqu'en 1992. La langue française était la langue officielle de la République française dans les faits (de facto) parce que cette reconnaissance n'avait jamais été proclamée ni dans la Constitution de 1958 ni d'ailleurs dans aucun texte de loi. Cependant, la Loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992 a apporté des modifications à la Constitution française de 1958, notamment à l'article 2 qui se lit maintenant comme suit: «La langue de la République est le français.»

Pour le gouvernement de la France, le français est la langue de la République, c’est-à-dire la langue de l'unité nationale et des institutions publiques, celle de l'égalité de tous, une composante fondamentale du lien social, l'un des facteurs les plus importants d'égalité et d'intégration. Afin d’atteindre l’objectif d'assurer le respect du français sur le territoire national et de garantir son emploi dans tous les actes de la vie sociale, le gouvernement a adopté la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. Cette loi, appelée aussi loi Toubon – présentée par le ministre de la Culture et de la Francophonie Jacques Toubon (gouvernement Balladur) –, se substitue à la loi du 31 décembre 1975, dont elle élargit le champ d'application et renforce les dispositions. Cette nouvelle loi française précise que l'emploi de la langue française est obligatoire dans un certain nombre de situations et affirme ainsi un droit au français pour les consommateurs, les salariés, le public. L'imposition de ces règles est assortie des moyens de les faire respecter.

La loi Toubon précise successivement les conditions dans lesquelles l'emploi du français est obligatoire afin que les consommateurs, les salariés, les usagers, le public, soient assurée de comprendre les indications qui leur sont données et afin que le français soit naturellement la langue dans laquelle se déroulent les activités qui ont lieu sur le territoire national, notamment l'enseignement et les émissions de radio et de télévision. Il prévoit que la présentation en langue française peut toujours être accompagnée d'une traduction en langue étrangère.
Ainsi, les articles 1er, 2 et 3 imposent l'usage du français pour la PRÉSENTATION DES BIENS ET SERVICES et les procédés d'information destinés aux consommateurs, ainsi que pour les inscriptions et annonces faites dans les lieux ouverts au public et les transports en commun. L'article 4 prévoit que les contrats passés par des personnes publiques sont rédigés en français. L'article 5 impose des exigences minimales pour l'organisation des congrès et colloques. Les articles 6, 7 et 8 sont relatifs à la protection des salariés et précisent que les contrats de travail, les offres d'emploi et les documents internes à l'entreprise, qui s'imposent aux salariés ou leur sont nécessaires pour l'exécution de leur travail, sont rédigés en français.
Quant à l'article 9, il affirme que la langue de l'ENSEIGNEMENT est le français. Les articles 10 et 11 rendent l'emploi du français obligatoire dans les émissions et les messages publicitaires des organismes de radio et de télévision et donnent mission à ces organismes de contribuer à la protection et à la promotion de la langue française.

L'article 12 porte sur le CODE de la langue, il interdit aux personnes publiques, ainsi qu'aux personnes morales de droit privé chargées d'une mission de service public, de faire usage de marques comportant une expression ou un terme étranger.

Les articles 13 à 18 prévoient un DISPOSITIF DE CONTRÔLE de nature à permettre une bonne application de la loi: retrait des subventions éventuelles, intervention des officiers de police judiciaire, des agents chargés de l'application du Code de la consommation et des associations de défense de la langue française dans le mécanisme de contrôle, caractère d'ordre public de la loi. Les sanctions pénales applicables, qui seront de nature «contraventionnelle», seront prévues par décrit en Conseil d'État.

L'article 19 préserve la place des langues régionales du pays. Pour de plus amples explications sur ce sujet, il faut se reporter à la partie de ce site intitulée "La politique des langues régionales et minoritaires".
L'article 20 prévoit les DÉLAIS NÉCESSAIRES à l'entrée en vigueur de la loi, notamment pour la mise en conformité des dispositions relatives à la publicité, aux annonces et à l'affichage.

Enfin, l'article 21 prévoit l'ABROGATION de la loi du 31 décembre 1975 relative à l'emploi de la langue française, dans des délais différents, mais cohérents avec l'entrée en vigueur des dispositions nouvelles. On peut consulter le texte intégral de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française.
Cependant, afin de valoriser l'image de la langue française et contribuer à la mobilisation des Français, mais aussi des francophones et des francophiles autour de sa vitalité, de son rayonnement et de ses enjeux culturels, économiques et sociaux, une politique de sensibilisation a été mise en place, qui vise:

Le grand public, et tout d'abord les jeunes;

Les prescripteurs, c'est à dire ceux qui interviennent dans des domaines stratégiques pour la qualité et la diffusion de la langue et des mots: presse, radio et télévision, publicité, institutions culturelles;

Les entreprises.

Grâce à cet instrument juridique, la France se trouve dotée d'une véritable législation linguistique destinée à assurer le maintien du français tant à l’intérieur de ses frontières qu’à l’extérieur. Il n’en demeure pas moins qu’une politique linguistique si ambitieuse sur le plan international demeure rare dans le monde.

8. Le francais dans les organisations internationals

Le traité de Versailles (1919) marqua la cessation du privilège du français comme langue diplomatique: il fut rédigé à la fois en anglais et en français. L'après-guerre entraîna de profonds changements sociaux par l'urbanisation généralisée, l’amélioration du niveau de vie des classes ouvrière et rurale, la force d'organisation des travailleurs. Les classes sociales s'interpénétrèrent et démocratisèrent la langue.
Il faut souligner aussi le rôle des moyens de diffusion dans l'évolution du français contemporain. Depuis l'expansion des médias électroniques, on remarque l'importance retrouvée de la langue parlée par rapport à la langue écrite; l'efficacité et la spontanéité de la langue parlée préoccupent davantage les contemporains que la "pureté" du français. Même la presse écrite tend à la simplification de la syntaxe par l'emploi de formules-chocs et de slogans. L'omniprésence de la publicité favorise le goût de l'intensité et de l'expressivité ainsi que la recherche quasi systématique de l’effet.
Il existe plusieurs volets au caractère international de la langue française. Il s’agit d’abord de l’organisation la plus prestigieuse, l’ONU et , des organisations non gouvernementales (ONG) et de la Francophonie. Ce dernier volet constitue une partie distincte qu’on peut consulter sous le nom de Francophonie.

8.1 L’Organisation des Nations unies

Au lendemain même de la Seconde Guerre mondiale, naissait l'organisation-mère, c’est-à-dire l'organisation-modèle de tout le système international contemporain: l’Organisation des Nations unies, qui remplaçait la Société des Nations. L’Assemblée générale, lors de sa première session, le 1er février 1946, adopta la résolution no 2 portant approbation du Règlement concernant les langues. Celui-ci précise, dans son article 1er:

Dans tous les organismes des Nations unies autres que la Cour internationale de Justice, le chinois, l’anglais, le francais, le russe et l’espagnol sont les langues officielles. L’anglais et le francais sont les langues de travail.

Plus tard, on ajouta l'arabe. La distinction entre langue officielle et langue de travail n'est pas, à vrai dire, clairement établie sur le plan juridique et fait, aujourd'hui encore, l'objet de controverses. On retiendra, en prenant l'ONU pour modèle, que le statut de langue officielle implique que toute réunion officielle soit pourvue de l'interprétation simultanée de et vers la langue qui bénéficie de ce statut, que les documents préparatoires et les projets de résolution soient disponibles dans cette langue en temps voulu, que les comptes rendus et les rapports le soient également.
Le statut de langue de travail implique, quant à lui, que le travail des fonctionnaires internationaux interne à l'organisation puisse être effectué, verbalement et par écrit, dans une des deux langues de travail, d'où la nécessité pour ces fonctionnaires de connaître l'une de ces deux langues pour être recrutés et, si possible, de connaître, au moins passivement, l'autre langue, ou à défaut, d'être mis en mesure, par la traduction ou l'interprétation, de la comprendre. En outre, tout délégué doit pouvoir également s'exprimer, verbalement et par écrit, dans l'une des deux langues de travail, dans ses relations avec le secrétariat de l'Organisation, toute activité linguistique officielle du secrétariat (affiches, brochures, inscriptions de tout ordre, menus des restaurants, explications des guides, etc.) devant s'effectuer dans ces deux langues.

8.2 Les organismes rattachées aux Nations unies


Dans les organisations rattachées à l'ONU, on ne fait pas la différence entre le statut de langue officielle et celui de langue de travail. Dans la plupart des cas, le statut unique de langue officielle ou, pour quelques organisations, selon une terminologie approximative, de "langue de travail" donne à la langue qui en bénéficie les droits cumulés des deux statuts. Cependant, certaines organisations interprètent ce statut comme ne conférant qu'à la seule langue officielle la plus utilisée (et c'est, en général l’anglais, mais parfois le français) le statut juridique de langue de travail.
À ces exceptions près, le français bénéficie juridiquement, dans la quasi-totalité des organisations internationales du système des Nations unies, du statut maximum. Tel est le cas, non seulement, en application de la résolution de 1946, à l'ONU proprement dite (Assemblée générale, Conseil de sécurité économique et social, Conseil de tutelle, Secrétariat et, en application de son règlement particulier, Cour internationale de Justice) et dans les organismes qui en dépendent directement (Offices des Nations unies de Genève et de Vienne, Commissions économiques régionales – CEE/NU, CESAP, CEA, CEPALC et CESAO –, CNUCED, PNUE, CNUEH, UNICEF, PNUD, HCR, UNWRA, organisations internationales par produit, etc.), mais aussi, conformément au paragraphe b) de la résolution de 1946 dans les institutions spécialisées et rattachées: ONUDI, OIT, FAO/OAA, PAM et FIDA, UNESCO, OMS, OMM, OACI, OMPI, UIT, OMI, etc.

8.3 Les grandes organisations internationales indépendantes de l’Onu

Les organisations indépendantes du système des Nations unies se recensent par centaines si l'on tient compte notamment non seulement des institutions et organismes centraux mais également de leurs comités, offices, bureaux décentralisés. Or, la situation du français y est importante et particulière.
Le français se voit reconnaître dans la plupart d'entre elles le statut de langue officielle sans qu'il ne soit fait mention de langue de travail. Tel est le cas à la Commission des Communautés européennes (neuf langues officielles: français, allemand, anglais, danois, espagnol, grec, italien, néerlandais, portugais), à l'OTAN, à l'OCDE, au Conseil de l'Europe, à l'UEO, à la Commission du Pacifique Sud, à l'OIPC-INTERPOL, à la BERD, à l'OEA, à l'OUA. Dans toutes ces organisations, le statut de langue officielle entraîne, juridiquement parlant, le statut de langue de travail au sens indiqué ci-dessus. À l'OCTI, le français est dit langue de travail, ce qui correspond au double statut. À l'inverse, à l'INTELSAT et à l'INMARSAT, le français est langue officielle mais n est pas admis, comme à l'AIEA et à la Banque interaméricaine de développement, au titre de langue de travail.
Tel est, dans ses grandes lignes, le statut juridique du français dans le plus grand nombre, et les plus importantes, des organisations internationales. On ne saurait, encore une fois, être exhaustif dans ce domaine. Presque toutes les organisations débattent et légifèrent périodiquement sur le statut et l'emploi de langues, ce qui relativise le statut des langues en la matière.
Le français contemporain est le résultat d'une évolution divergente. D'une part, l’orthographe, la syntaxe fondamentale et la morphologie n'ont à peu près pas changé depuis deux siècles, probablement parce que les usagers n'en ont pas ressenti le besoin. D'autre part, la phonétique et le lexique ont subi de profondes transformations alors que les différences phonologiques ont encore tendance à se réduire depuis le début du siècle, le vocabulaire est devenu de plus en plus complexe.
Contrairement aux siècles passés, du moins dans les pays de langue maternelle française (France, Belgique, Suisse, Québec), le français n est plus l'apanage des classes privilégiées; toutes les couches de la population s'expriment maintenant dans une même langue et avec le minimum d'aisance nécessaire. Il est possible que ce phénomène s'accentue en même temps que se maintiendront et se développeront différentes variétés de français. Lorsque l'unité linguistique est atteinte, il n'est plus nécessaire de poursuivre une uniformisation minutieuse. Mais aujourd'hui, maintenant que le français comme langue maternelle n'a jamais été aussi vivant, il doit relever le défi de hausser son statut comme langue seconde sur le plan international et faire face à la concurrence étrangère, principalement l’anglais.

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