Home | BAC/Teze | Biblioteca | Jobs | Referate | Horoscop | Muzica | Dex | Games | Barbie

 

Search!

     

 

Index | Forum | E-mail

   

INVATA O LIMBA STRAINA! - O campanie a studentilor de la limbi straine - aceasta pagina va ofera resurse pentru studiul limbilor straine si in acelasi timp va prezinta oportunitati de mobilitate si informatii utile...

 

 
 
 
 
 + Click:  Grupuri | Newsletter | Portal | Referate online | Forum discutii | Premii de excelenta | Europa





 

 

 

 

engleza

resurse pentru studiul limbii engleze, exercitii de gramatica, eseuri, studii si comentarii...

franceza

teste gramaticale, articole despre Franta si despre stilul de viata al francezilor, resurse utile pentru studiu...

germana

lectii pentru incepatori, sute de articole de specialitate, analize complexe, recenzii si eseuri scrise de profesori...

 

ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI

Anul 2003

Anul 2004

Anul 2005

Anul 2006

ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI
 
 

LIMBI ªI LITERATURI STRÃINE

2 0 0 6

 

LES TESTS DE L’ANTONYMIE

SONIA BERBINSCHI

 

1. Considérations générales sur l’antonymie

1.1.  Un faux problème de lexique

La plupart des études de linguistique définissent l’antonymie comme une relation sémantico-lexicale, généralement binaire, qui repose sur une relation logique d’incompatibilité entre deux lexèmes conservant le même noyau sémique mais s’opposant par un ou plusieurs sèmes contraires.

Relevant du langage naturel, le lieu par excellence du flou sémantique, l’antonymie s’avère être un phénomène graduable, à même de rendre compte de plusieurs relations logiques : contradiction, contrariété, complémentarité, réciprocité. L’analyse du phénomène de l’antonymie, relation sémantique exprimant les oppositions linguistiques, a fait couler beaucoup d’encre. Cela pourrait laisser paraître que le phénomène soit saturé de commentaires. Les approches traditionnelles et surtout l’approche sémantico-lexicale ont déjà produit de nombreux fruits.

En fait, l’antonymie est un faux problème du lexique ou du moins incomplètement formulé. La langue ne se moule pas toujours dans des couples d’oppositions parfaits, soumis au calcul logique selon lequel les antonymes s’organisent uniquement dans des rapports de contradiction, contrariété, sub-contrariété. Dans ce cas, l’antonymie prend contour au niveau du lexème. Le vrai problème est de voir le fonctionnement de ces lexèmes dans le discours.

Nous soutenons que l’antonymie se manifeste au niveau de la langue et au niveau du discours, le langage naturel n’étant pas formé de lexèmes indépendants, mais de relations entre lexèmes, phrases, énoncés. Le langage est organisé selon deux composantes primaires : la composante sémantique et la composante pragmatique, auxquelles s’ajoutent des composantes subordonnées, comme on peut remarquer à partir du schéma mis au point par R. Martin (1992) :

 L’antonymie de langue sera créée par la composante phrastique du langage, le lieu où se manifeste la catégorie sémique. Les lexèmes différents se constituent en couples ou paires antonymiques en vertu de l’existence des noyaux sémiques communs, immanents dans la structure du vocabulaire, des sèmes incompatibles contraires et des sèmes contextuels ou référentiels. Ces derniers appartiennent à l’univers manifesté et deviennent indispensables surtout dans le cas des oppositions entre des lexèmes polysémiques. Par exemple, l’adjectif clair s’oppose habituellement à sombre (chambre claire /vs/ chambre sombre), par les sèmes /qui reçoit beaucoup de lumière/ /vs/ /qui reçoit peu de lumière/. Mais il fera couple avec un autre lexème si le contexte change : clair /vs/ couvert (ciel clair /vs/ ciel couvert), ou encore clair /vs/ trouble (eau claire /vs/ eau trouble) etc. La relation que l’antonymie entretient avec la polysémie avertit déjà sur sa vocation discursive.

1.2.     Un vrai phénomène discursif

L’antonymie discursive est créée par la composante pragmatico-discursive, lieu de la cohésion et de la cohérence textuelle. Par son spécifique, l’antonymie recouvre un domaine très vaste de la pragma-sémantique. Elle met à profit non seulement les relations logiques contradiction, contrariété, incompatibilité, mais aussi les diverses stratégies discursives comme la réfutation, la négation polémique, l’ironie, le paradoxe, etc. capables d’effacer les contradictions dans le langage.

Phénomène qui se laisse découvrir à plusieurs niveaux d’analyse (lexical, phrastique, phraséologique, énonciatif), l’antonymie exprime les oppositions en langue et en discours par l’intermédiaire de certains mécanismes mis en marche par divers opérateurs (connecteurs, opérateurs sémantiques) subordonnés ou associées (les opérateurs flous) à la négation. Cette opération se réalise à travers un mécanisme le plus souvent ternaire, étayé sur un trio de composants : un support (lieu de l’item à rejeter), un apport (lieu du rejetant), un rectifieur (ayant le rôle de reconstruire le support, mais à un niveau supérieur ou inférieur à la base rejetée). Ce mécanisme est mis en marche par l’opérateur de négation qui s’introduit dans le texte au niveau de l’apport.

Nous faisons ainsi l’hypothèse que l’étude du fonctionnement de l’antonymie ne saurait se faire que dans le discours, conçu comme composante discursive de la langue. Le phénomène essentiel qui rend compte de la production / interprétation de cette relation sémantico-pragmatique est le contexte avec sa double acception de contexte immédiat ou co-texte et de contexte situationnel. Cela fait que le paradigme sémantique qui expliquerait notre approche soit la contextualisation. L’antonymie de langue sera reconstruite sur des bases redevables toutes au contexte. En ce sens, notre approche n’oppose pas l’antonymie discursive à l’antonymie de langue, lexicale (très étudiée), mais elle tend de voir dans cette relation un mécanisme ou une opération discursive.

Text Box: 3

Nous allons passer en revue dans ce qui suit quelques tests de l’antonymie. L’intérêt d’une telle démarche est de chercher certains instruments qui soient capables de nous aider à distinguer entre les divers types d’opposition entre les termes d’un couple antonymique lorsqu’il s’agit de l’antonymie de langue, et qui mettent aussi en évidence la nécessité d’envisager cette relation à l’intérieur du discours.

2. Les tests de l’antonymie

2.1. Le test de la négation implicative

Le test de la négation implicative met en évidence un rapport de contradiction lorsque l’implication est bidirectionnelle et un rapport de contrariété lorsque l’implication est unidirectionnelle.

L’implication bidirectionnelle explique le phénomène par lequel un terme positif ou négatif implique la négation de son contradictoire et réciproquement. Dans la paire antonymique mort /vs/ vivant, les termes se découvrent et s’épuisent réciproquement et intégralement :

 

(1)  Alain est mort.           → Alain n’est pas vivant.

      Alain est vivant.          → Alain n’est pas mort.

      Alain n’est pas vivant.  → Alain est mort.

      Alain n’est pas mort.    → Alain est vivant.

 

Logiquement ces deux items s’opposent contradictoirement, ce qui suppose l’exclusion de tout terme intermédiaire et la négation extrême du terme opposé.

Le discours ne veut jouer pourtant pas totalement d’après les règles si strictes de la logique. Si les trois premières implications ne posent pas de problèmes du point de vue de l’identité entre l’interprétation logique et discursive, la dernière (Alain n’est pas mort) peut être relativisée discursivement. La négation du terme sémantiquement négatif (pas mort) peut accepter sa modification par :

– des évaluatifs : 

(2) Alain n’est pas encore mort. → Alain est encore vivant.

– des enclosures :

(3)          Il est plutôt mort que vivant.

(4)          Il est presque mort.

(5)          *Il est presque vivant.

Text Box: 4

Il peut aussi impliquer la négation renforcée (non plus) du terme positif correspondant et le test du mais :

(6) Alain n’est pas mort, mais il n’est pas vivant non plus.

Pour expliquer ce type de structure qui pour la logique est inacceptable, le discours offre des constructions qu’il reprend à la langue et leur donne une identité (signification) particulière :

 

(7) Il est dans le coma.

(8)  Il est entre la mort et la vie.

Ce comportement discursif n’est pourtant pas accepté par le terme sémantiquement positif (vivant). Cela fait que la relation de contradiction entre ces deux termes soit conservée.

Lorsque l’implication est unidirectionnelle les termes contraires ne se recouvrent dans la négation que partiellement, ce qui permet l’apparition d’une zone intermédiaire qui représente le terrain de manifestation des valeurs moyennes, scalaires. Logiquement, on obtiendra des implications, disons, incomplètes :

(9) Pierre est grand.   → Pierre n’est pas petit.

(10) Pierre est petit.    → Pierre n’est pas grand.

Pourtant Pierre n’est pas grand n’implique pas nécessairement Pierre est petit, ni Pierre n’est pas petit n’implique pas Pierre est grand. La négation du terme positif n’oriente pas vers l’extrême contraire, mais vers l’intermédiaire scalaire :

(11)  Pierre n’est pas grand.   → Pierre est de taille moyenne.

         → Pierre est plus ou moins grand.

         → Pierre est immense.

(12) Pierre n’est pas petit.      → Pierre est plutôt grand.

         → Pierre est presque nain.

Si le discours fait intervenir d’autres facteurs comme la prosodie (l’intonation), cela charge l’énoncé d’une valeur rhétorique, argumentative et peut conduire au changement des rapports entre les antonymes. Un énoncé tel que :

(13) Pierre n’est pas petit !

sous-entend en vertu de la loi de la litote :  

(13’) Pierre est plutôt grand et même très grand.

Text Box: 5

 

Toutes ces interprétations impliquées dans le contenu de telles phrases témoignent de l’existence d’une évaluation implicite.

Dans la classe du verbe les choses peuvent se passer d’une manière semblable dans le cas des dérivés adjectivaux (les déadjectivaux), mais ils sont plus dépendants contextuellement. Un verbe comme approcher dérivé de l’adjectif proche peut contracter des rapports différents selon qu’il se combine avec un complément [+ humain] ou [– humain]. Approcher quelqu’un s’oppose contradictoirement à éviter quelqu’un, ce qui peut être vérifié logiquement par le test de l’implication :

(14)        Ne pas approcher quelqu’un → éviter quelqu’un.

(15)        Eviter quelqu’un → ne pas approcher quelqu’un.

(16)        Ne pas éviter → approcher quelqu’un.

Combiné à un SN2 [– humain] le même verbe s’opposera contrairement à écarter : approcher la chaise /vs/ écarter la chaise de la table. Leur négation conduit vers la zone intermédiaire laisser la chaise au même endroit. Ce test n’est pourtant pas suffisant pour vérifier cette différence de rapports logico-sémantiques.

2.2. La négation simultanée

Un second test est représenté par la coordination négative ni…ni et la coordination positive (et). Pour des raisons de clarté nous allons adopter le terme de négation simultanée pour désigner la coordination négative avec ni…ni.

Sans doute la coordination simple par et est exclue dans les deux types de rapports (contradiction et contrariété) lorsque les deux termes gardent leur forme positive :

(17)        *Alain est mort et vivant.

(18)        *Cette chose est absolue et relative.

(19)        *Claude est mariée et célibataire.

(20)        *Marie est belle et laide.

(21)        *Elle s’éloigne et s’approche.

(22)        *Il travaille légèrement et difficilement.

 

La double coordination par et …et est, de même, logiquement impossible, car elle bafoue la loi de la non-contradiction.

 

(23)        *Claude est et mariée et célibataire.

(24)        *Marie est et belle et laide.

 

Text Box: 6

Pourtant si on change les conditions de production de ces séquences en faisant intervenir des référents différents ou en les rapportant à des moments différents, elles deviennent parfaitement acceptables :

 

(25)        Claude est mariée et célibataire : mariée toute la semaine et célibataire les week-end quand son mari se rend chez ses parents.

(26)        Physiquement, Marie est très laide, mais elle a une très belle âme (R1 → R2 ; R = référent).

(27)        Elle s’éloigne et s’approche alternativement du tableau, pour mieux le voir (M1→M2 ; M = le moment). 

Célibataire, en ce cas, n’implique plus non-marié, mais non pas ensemble ou seul. Si avec la coordination positive les deux types d’antonymie se comportent d’une façon semblable, la négation simultanée arrive à les départager.

Le test de la négation simultanée ni…ni est destiné à son tour à vérifier le statut logique des antonymes dans la langue. Si l’expression obtenue après l’application de la négation simultanée aux extrêmes du couple est acceptable, c’est-à-dire si elle est chargée de sens, alors les antonymes se trouvent dans un rapport de contrariété. Si, par contre, l’expression obtenue n’est pas acceptée par la langue et par l’usage, alors la structure x n’est ni a ni b (où a et b sont des prédicats antonymiques) comporte des termes contradictoires.

Les antonymes engendrés par les parties de discours évaluatives (constitutivement ou individuellement évaluatives) sont tenus passer le test de la négation simultanée, en vertu du caractère flou des composants, et conduire vers des valeurs moyennes. Cette valeur est différemment lexicalisée selon que la langue possède un terme synthétique ou qu’elle fait appel à des structures analytiques :

 

(28)        Alain n’est ni grand ni petit. → Alain est de taille moyenne.

(29)        La bouteille n’est ni pleine ni vide. → La bouteille est à moitié pleine ou à moitie vide.

La résolution de cette dernière comparaison ne peut se faire que contextuellement, selon la perspective du locuteur.

La négation simultanée est acceptée sans réserve par tous les antonymes prenant comme point de repère une quantité / qualité ou intensité moyenne, paraphrasable par plus /vs/ moins Qual :

(30)        Alain n’est ni intelligent ni bête. → Alain a une intelligence moyenne.

Text Box: 7

On peut avoir en ce cas un antonyme intermédiaire synthétique Alain est médiocre, mais étant donné la connotation souvent péjorative du terme médiocre, il est préférable de choisir la structure explicative (intelligence moyenne).

 

(31)  Marie n’est ni contente ni mécontente. → Elle est indifférente.

(32)  Claude ni ne se réjouit ni ne s’attriste. → Claude reste indifférente.

On peut remarquer que la langue, faute de lexèmes particuliers, se sert pour exprimer la valeur intermédiaire d’une série d’unités discrètes (générales) : moyen, milieu, indifférent, médiocre, etc.

Le discours résout ce dilemme par l’actualisation de diverses séquences, expressions plus ou moins métaphoriques, que la langue, à cause de son comportement statique et fermé, ne peut pas produire. Voilà, par exemple, dans le fragment ci-dessous, extrait de l’enregistrement d’un dialogue quotidien, comment la négation de la paire d’antonymes blanc /vs/ noir oriente vers une zone intermédiaire mise en œuvre discursivement :

(33) M. oui, il aurait été mieux noir que blanc.

       S. oui +oui.

       M. alors il n’est ni noir ni blanc ++ c’est un faux blanc et c’est pas tout à fait noir.

        (dialogue quotidien, enregistré à Mérignac, 2001)

En tout cas, le contexte ne nous permet pas d’interpréter la coordination négative comme le mécanisme qui aurait produit le terme neutre gris. Le point de repère n’est pas la couleur moyenne, mais la moyenne entre la race blanche et noire. Il serait difficile de trouver un item synthétique en ce cas, étant donné que les autres races humaines (jaune, rouge) ne représentent pas une norme moyenne de référence. Les mots sont désignatifs non évaluatifs. En ce cas, le discours satisfait aux besoins de l’évaluation, en produisant des termes capables d’exprimer la gradation entre les deux antonymes, en l’occurrence faux blanc et pas tout à fait noir.

La négation simultanée a un comportement variable avec les évaluatifs paraphrasables par qui a beaucoup de Qual /vs/ qui a peu / pas du tout de Qual. Son acceptation dépend entièrement du contexte. Dans la paire d’antonymes vrai /vs/ faux, les items sont compatibles avec la coordination négative quand ils sont le signe de la subjectivité du locuteur :

(34) A. – C’est vrai ce que tu dis ?

       B. – Tu pourras juger toi-même quand on arrivera. Pour l’instant ce n’est ni vrai ni faux.

Text Box: 8

L’interlocuteur (B) ne se prononce ni en faveur ni en défaveur de la vérité. Ni vrai ni faux conduit dans la zone du possible ou du probable. Dans un contexte des valeurs objectives, les deux items n’acceptent plus la négation simultanée et se comportent comme des contradictoires :

 

(35)        Plaider le faux pour savoir le vrai.

      (Petit Robert : 1993, vrai, e)

La négation simultanée n’est pourtant pas l’apanage exclusif des antonymes graduables. Une bonne partie des unités de discours non-graduables mais évaluatives peuvent être cordonnées par la double négation ni…ni et franchir le seuil vers la contrariété. Le caractère évaluatif de ces unités ne résulte pas de leur contenu sémantique immanent, mais de leur recours à un point de repère encyclopédique. Il s’agit des paires antonymiques plutôt ternaires. Leur négation simultanée nous aide à retrouver le terme intermédiaire :

(36)        ni antérieur ni postérieur → simultané, contemporain

       ni avant ni après → en même temps

       ni derrière ni devant → dans, à l’intérieur.

À part les adjectifs désignant l’emplacement dans l’espace ou la situation par rapport à un moment de la parole, on a affaire à des adverbes et à des prépositions inclus dans le sémantisme des ces adjectifs ou des verbes dérivés à partir d’une base adjectivale ou adverbiale semblable :

(37)        avancer /vs/ reculer

       antéposer /vs/ postposer

       devancer /vs/ succéder, etc.

La négation simultanée des antonymes désignant les relations spatio-temporelles se situe au niveau de l’ordonnancement en temps et en espace, selon l’axe ici-maintenant. Le terme moyen auquel on arrive à la suite de cette opération est réductible à une expression telle que « qui est entre les deux » :

(38)        ni aîné ni cadet → jumeau, né en même temps

       ni actuel ni ancien → courant, continuel

       ni à droite ni à gauche → au centre

       ni gauche ni droite (partie) → partie centrale.

 

Pourtant, il y a des contextes où le mécanisme ne fonctionne plus aussi bien. Il s’agit des paires variables ontologiquement comme :

 

(39)        main gauche /vs/ main droite * ni gauche ni droite

    partie centrale /vs/ périphérique d’une ville * ni central ni périphérique.

Le recours au contexte s’avère ainsi absolument nécessaire.

La négation simultanée n’est pas de règle dans le cas des parties de discours désignatives, non-évaluatives, mais elle ne s’y refuse pas complètement. Du point de vue logico-sémantique une paire antonymique telle célibataire /vs/ marié n’accepte pas la double négation. Il serait impossible de dire :

(40)        *Claude n’est ni célibataire, ni mariée.

Une personne à l’âge adulte peut être ou célibataire ou mariée. Ce refus de la négation annonce une antonymie entre des termes contradictoires. Linguistiquement, la structure niée simultanément est sous-entendue dans le contenu du mot veuf, veuve. Il s’agit en ce cas non pas de l’effacement du sème /unis par le lien du mariage/, mais de l’actualisation du sème /vivre seul, après la disparition du conjoint/. On reste toujours marié, même après la mort de l’autre. Ce n’est pas la même chose pour le terme divorcé. En ce cas on fait actualiser le sème /rompre volontairement le lien du mariage/. Ce terme entre dans le domaine du non-marié qui doit être distingué de célibataire. Ce dernier lexème implique, naturellement, non-marié, inclus dans son contenu sémantique :

célibataire = « qui vit dans le célibat »

célibat = « état d’une personne en âge d’être mariée et qui ne l’est pas, ne l’a jamais été » (Petit Robert : 1993).

Est-ce que l’implication est réciproque ? Non-marié inclut automatiquement célibataire ? Nous croyons le contraire. Malgré son apparence de terme contradictoire suggéré par la préfixation avec non, l’item non-marié se situe quelque part entre marié et célibataire[1] et en directe dépendance avec le sens des deux termes. Non-marié peut impliquer soit les items divorcé, veuf, séparé lorsqu’il est paraphrasable par ne plus être marié, soit les items, sociologiquement déterminés en concubinage ou concubin, pacsé ou, le terme le plus neutre, ami. Cette réalité extra-linguistique est assez fréquente dans nos discours quotidiens. Voilà un exemple en ce sens :

Text Box: 10

(41)        DS. ça il a besoin de savoir++ i = faut lui dire+ bon+ ça c’est quelque chose que vous pouvez aborder avec votre :: bon/ avec votre ::: mari / votre :: mari ou je sais pas comment vous lui dites+ comment vous dites en fait↑ votre mari↑ votre ami↑ ou votre :::

 

       M. c’en / c’est ::: pour le moment c’est mon ami + quoi

       DS. oui↑ c’est quand même l’homme de votre vie↑ quoi c’est un+ hein↑ c’est / c’est important↑ c’est ::↑

       M.  un ami

       DS. un homme qui ira :: bon+

       (enregistrement, 10H-Midi, RMC, le 14 mars 2001).

Il nous semble possible, en ce cas, que la paire marié /vs/ non-marié passe le test de la négation simultanée :

(42)        Il n’est ni marié ni non-marié → Il vit avec quelqu’un (en dehors du mariage).

L’acceptabilité de la coordination négative peut être re-vérifiée par le test du mais (ou le test de la négation polémique) :

(43)        Il n’est ni marié ni non-marié, mais en concubinage.

(44)        *Il n’est ni marié ni célibataire, mais en concubinage.

Nous avons marqué d’un astérisque ce dernier énoncé comme étant (logiquement) impossible. Pourtant le discours tend à effacer la valeur exclusive de l’item célibataire et de relativiser l’opposition. On peut souvent entendre des dialogues tels que :

(45)        DS. vous avez quel âge ?

       C. vingt cinq ans

       DS. ah+d’accord+ vous êtes / vous êtes marié↑ non

       C. non+ pas du tout+ célibataire = fin célibataire avec à mes côtés des copines

       DS. ouais↑ mais : vous avez une copine quand même

       C. ah tout à fait oui↑ (...)

       (enregistrement, 10H-Midi, RMC, le 18 Février 2001)

Malgré ces possibles relativisations par le discours des contradictoires, il y a pourtant une catégorie de termes antonymes pour lesquels ni la langue ni le discours ne favorisent la combinatoire avec la négation simultanée. Il s’agit notamment de certaines unités exprimant :

       – une relation quantifiée : *ni absolu /vs/ *ni relatif;

 

– une unité temporelle exclusive :      * ni éternel /vs/ * ni temporel,

                                                   * ni continuer /vs/ * ni cesser;

– une unité spatiale : * ni fini /vs/ * ni infini.

 

Ces unités s’épuisent mutuellement, ce qui fait que la double négation intervienne sur un terrain inexistant :

(46)        Une propriété qui n’est ni présente, ni absente, n’existe pas.

Bien qu’en général le test de la négation simultanée constitue un argument fort dans l’établissement des rapports entre les antonymes, il n’est pourtant pas suffisant. Les paires opposées doivent passer encore une preuve, elle aussi essentielle, qui est la quantification.

 

2.3. La quantification

 

La combinaison des antonymes avec les quantificateurs représente un test capable de vérifier la nature graduable et scalaire de l’antonymie.

Comme l’a remarqué G. Kleiber (1976), la différence essentielle entre les termes contraires et les termes contradictoires résident dans l’impossibilité de ces derniers d’être modifiés par des adverbes de quantité ou d’intensité. On peut parler de plusieurs catégories d’antonymes. Il y a des couples comme :

 

(47)        célibataire /vs/ marié

       présent /vs/ absent

       absolu /vs/ relatif,

 

qui n’acceptent jamais de modification adverbiale, ni quantitative, ni intensive, comme on peut voir ci-dessous :

 

 

(47’) *Il est                              

 

Dans d’autres cas, l’un seulement des termes du couple peut être quantifié. Dans des couples comme :

 

Text Box: 12

(48) continuer /vs/ cesser

 

       mort /vs/ vivant,

 

il serait impossible de quantifier le premier terme :

 

mais tout à fait possible d’appliquer la comparaison au second :

(49)        Il cesse complètement, entièrement son activité.

(50)        Il est plus ou moins vivant.

(51)        *Il est plus ou moins mort.

D’autres antonymes ne se combinent qu’avec certains quantificateurs en fonction de la complétude ou de l’incomplétude de leur contenu sémantique. Un couple comme :

(52)        instruit /vs/ ignorant

se combine facilement avec des quantificateurs comme ci-dessous 

mais se refuse à d’autres :

(52’’)  peu instruit /vs/ *peu ignorant

(52’’’) complètement ignorant /vs/ *complètement instruit.

Il y a aussi des antonymes qui acceptent la quantification dans tous les contextes. Nous n’insistons plus sur ce point, car il a été déjà traité dans les pages précédentes.

Dans la classe des antonymes établis au niveau des parties de discours désignatives, la quantification entre dans le processus de prédication. En fait, les adverbes modifient directement les propriétés (les prédicats) attribuées aux arguments déterminés et ils modifient indirectement ces derniers. Cette association entre parties de discours évaluatives et parties de discours Text Box: 13
désignatives apporte des modifications dans le contenu sémantique des désignatifs et ouvre la voie surtout à la production des antonymes discursifs. Le substantif maison, par exemple, peut constituer un noyau autour duquel s’organise un réseau d’antonymes, obtenus par modification quantitative :

 

(53) Maison  + petite                         → maisonnette, pavillon

+ grande                       → immeuble

+ très petite                  → cabane

+ très grande                 → villa

+ extrêmement grande    → palais, château

Le discours leur offre un espace syntaxique de manifestation matérialisé dans des constructions dont le mécanisme de production est du type : ce n’est pas x, mais y ou non x, mais x de qualité inférieure / supérieure.

Soit le dialogue :

 

(54) A. – Tu sais, Alain s’est fait construire une maison.

       B. – Tu appelles ça une maison, c’est une véritable villa, même un palais.

 

(55) A. – Alain s’est-il acheté une maison à la montagne ?

       B. – Oui, mais c’est plutôt un chalet.          

L’antonymie se produit en ce cas discursivement par la négation d’un point de vue antérieur. On se sert des parties de discours sujettes à l’évaluation.

Le test de l’argumentativité marqué par « même » et celui de la réponse modalisatrice introduite par plutôt confirment la propriété de ces unités d’être (indirectement) graduables. Pour qu’une paire d’antonymes soit considérée comme engageant une contradiction, il suffit qu’elle ne passe pas au moins l’un de ces tests.

Ces tests fondamentaux s’en accompagnent le plus souvent d’autres, secondaires, à même de marquer non seulement le comportement des antonymes comme phénomènes de langue, mais aussi leur valeur argumentative. À part ces tests sémantico-logiques, l’antonymie doit en passer d’autres, de nature, cette fois-ci, pragmatique et argumentative.

2.4. Les tests de l’argumentativité de l’antonymie

La nature de l’opposition qui s’établit entre les termes antonymes peut être vérifiée en faisant intégrer les couples dans des enchaînements articulés par les opérateurs même, mais. Ce sont des tests qui permettent de définir la nature des antonymes grâce à leur capacité d’orienter les termes sur l’échelle Text Box: 14
d’évaluation. Leur fonctionnement impose certaines contraintes sur le mécanisme des antonymes. Ainsi, mais oriente les couples dans le sens opposé de l’échelle et teste le rapport de contradiction, tandis que même (et même) les oriente du même côté de l’échelle et vérifie la scalarité.

Mais et même contrôlent l’orientation de l’échelle en même temps que le type de rapport établi entre les antonymes.

2.4.1. Même

La compatibilité des couples antonymiques avec même témoigne d’une certaine énergie qui alimente les oppositions et qui fait qu’à un terme s’oppose non seulement son contraire extrême, mais aussi les termes qui occupent des valeurs intermédiaires et même supérieures sur l’échelle de l’évaluation. L’opérateur même peut avoir un effet abaissant ou un effet majorant, augmentatif. Ainsi on peut facilement accepter des structures telles que :

(56)        Ce thé est bon, (et) même excellent.

(57)        Ce thé est mauvais, et même exécrable.

(58)        Cet enfant mange, et même beaucoup.

(59)        Il marche vite, il court même (et même il court).

(60)        Il a avancé et même rapidement.

En revanche même ne peut fonctionner dans des structures comme :

(56’)       *Ce thé est bon / mauvais et même assez bon / assez mauvais.

(57’)       *Ce thé est bon / mauvais et même médiocre.

(58’)       *Cet enfant mange et même peu.

(59’)       *Il marche vite, et même assez vite.

(60’)       (*) ? Il a avancé et même assez rapidement. 

Même peut modifier non seulement des parties de discours non-classifiantes, évaluatives, mais aussi des parties désignatives, classifiantes, lorsqu’elles servent à évaluer ou à caractériser :

(61)        Il s’est fait construire une maison, même un palais.

(62)        C’est un vieux cheval, une haridelle même.

En ce cas, le sémantisme de même se rapproche de celui de voire ( = et même ) et sert à renforcer la valeur appréciative posée par le premier terme. Le sens de vieux cheval provient de la combinatoire du substantif cheval avec l’adjectif vieux qui transfère le sème [ + minimisant ] sur le sens du substantif. L’ensemble est utilisé pour dénommer un cheval qui a perdu une partie Text Box: 15
de ses qualités, notamment l’utilité. Cette appréciation négative, défavorable est renforcée par l’item haridelle qui, à part le sème objectif [ + peu d’utilité ] partagé avec le premier ajoute le sème subjectif [ + péjoratif ]. La force argumentative de ce second terme est induite par l’opérateur même. Pourtant les parties de discours non-évaluatives dans aucun de leurs contextes ne peuvent se combiner avec même enchérissant :

(63) * Il est célibataire (et) même non-marié.

(64) * Il est mort (et) même non vivant.

Les contextes négatifs eux-mêmes excluent cette combinatoire :

 

(65) * Il n’est pas célibataire, et même non-marié / ni même marié.

(66) * Il n’est pas mort, il est même vivant.

Combiné avec des évaluatifs en contexte négatif, même peut orienter vers des valeurs intermédiaires ou inférieures aux valeurs des termes formant les extrêmes du couple antonymique.

(67)        Ce thé n’est pas bon, il est même assez mauvais / il est médiocre.

(68)        Cet enfant ne mange pas beaucoup, il mange même assez peu.

(69)        Il ne fait pas beau, il fait même mauvais / assez mauvais.

(70) Paul n’est pas plus travailleur que Pierre, il est même plus paresseux.

(71) Je ne veux pas faire ce que tu me demandes, je refuse même.

Dans tous les contextes décrits, positifs ou négatifs, l’opérateur même a servi à renforcer la valeur du terme d’origine en co-orientant les items modifiés dans la même direction que la base. Marqueur d’attitude favorable à la conclusion postulée par l’emploi d’un premier argument (a1) et investi d’une force argumentative, même introduit un argument (a2) plus fort que le premier, tout en ordonnant graduellement les termes modifiés. Par conséquent, les couples qui acceptent la combinaison avec même sont des antonymes scalaires. Ce n’est pas cet opérateur seul qui établit l’antonymie, mais l’association avec un opérateur-marqueur spécifique : négation, connecteurs anti-orientés, etc.

(72) A – Il fait beau aujourd’hui, tu vois ?

       D – Au contraire, il fait même superbe / splendide..

 Dans des contextes de ce type même est inducteur d’orientation, ce qui fait que l’énoncé introduit par au contraire, normalement inverseur d’orientation argumentative, conduise sur l’échelle de la /beauté du temps / vers une valeur supérieure à celle posée dans le premier énoncé (A). L’antonymie Text Box: 16
créée se trouve du même côté de l’échelle et oppose deux items discursifs d’habitude synonymes ou quasi-synonymes dans la langue : beau /vs/ superbe.

1.4.2. Mais

 Le test de mais est le seul acceptable dans le cas des couples antonymiques contradictoires :

(73)        Il n’est pas marié, mais célibataire.

(74)        Il n’est pas célibataire, mais marié.

(75)        Il n’est pas mort, mais vivant.

(76)        Il ne se tait pas, mais il parle.

Il n’y a aucun terme moyen qui, logiquement, puisse être accepté entre les deux termes du couple. Par rapport à même qui organise les items du même côté de l’échelle d’évaluation en les co-orientant argumentativement, l’opérateur[2] mais a le rôle d’inverseur de vérité et d’orientation argumentative. Dans la classe des parties de discours graduables, mais peut conduire vers la limite de l’échelle ou vers la zone intermédiaire.

(77)        Cette boisson n’est pas chaude, mais tiède.

(78)        Il n’est pas beau, mais laid non plus.

(79)        Il n’est pas plus grand que sa sœur, mais plus petit.

(80)        Il ne vient pas seul, mais accompagné.

Dans un contexte positif, mais garde le rôle d’inverseur d’orientation, et place l’antonyme surtout parmi les valeurs intermédiaires de l’opposition :

(81)        Claudine mange, mais peu.

(82)        Marie vient chez nous, mais pas très fréquemment.

(83)        Il a des espoirs, mais pas beaucoup.

Mais peut servir à l’extraction d’une propriété et à son inversion :

(84)        La voiture a de la vitesse, mais pas grande.

(85)        Le ciel s’est assombri, mais pas complètement.

Text Box: 17

Selon qu’il s’agit des antonymes qui orientent vers une limite nulle ou vers une zone intermédiaire, l’opérateur mais peut agir sur une partie de l’échelle ou sur l’échelle tout entière. Ainsi dans le premier cas (limite nulle), mais sert de pont pour caractériser une même propriété par deux items antonymes :

 

(86)         Marie est grande, mais plus petite que Claudine.

(87)         Claudine est petite, mais plus grande que Marie.

(88)         La bouteille est pleine, mais moins que le verre.

(89) *La bouteille est vide, mais moins que le verre.

Les unités évaluant ou désignant des propriétés mesurables peuvent être évaluées par un seul et même énoncé, grâce à une zone de recouvrement partiel sur les échelles positive et négative. Par contre, dans le cas des axiologiques du type bon /vs/ méchant, facile /vs/ difficile, il n’y a aucune zone de recouvrement entre les deux échelles, séparées d’ailleurs par une zone intermédiaire importante. L’opérateur mais oriente vers les deux extrêmes de l’échelle :

(90) Elle n’est pas belle, mais laide.

(91) Il n’est pas bon, mais méchant.

 

La présence d’une propriété, en exclut l’autre. Les structures contenant les marques de degré sont inacceptables :

 

(92) *Elle est belle, mais plus laide que sa sœur.

(93) *Il est intelligent, mais plus bête que sa sœur.

Ces propriétés ne peuvent être caractérisées par leurs valeurs faibles.

Marqueur d’orientation argumentative conduisant vers une conclusion contraire à celle posée par un premier argument, mais représente « l’alternative CONTRE ou CONTRA » (M. Tuþescu : 1998 : 182) et définit le principe de contradiction argumentative. Mais introduit un argument fort, mais de sens inverse au premier :

(94)        Il n’est pas bête, mais très intelligent même.

L’antonyme scalaire introduit par mais peut s’opposer non seulement au contenu positif posé, mais aussi à un contenu présupposé ou implicite :

(95) Samantha est une sorcière, mais gentille.

(95’) *Samantha est une sorcière, mais méchante.

L’acceptabilité du premier contexte où fonctionne l’item sorcière est due justement à l’antonymie qu’elle déclenche entre l’implicite de cet item /femme Text Box: 18
méchante/ et le prédicat posé gentille. Le second contexte est senti comme redondant et donc non acceptable. Il serait senti très naturel si mais était remplacé par même enchérissant :

(95’’)  Samantha est une sorcière (et) même méchante.

Modificateur déréalisant d’après O. Ducrot, mais met en évidence « la gradualité intrinsèque des prédicats de la langue » (1995 : 145). Certaines catégories de noms et de verbes portent en eux l’affirmation et la négation de leurs propriétés. C’est d’ailleurs de cette manière que A. Culioli (1990, tome I) et J-Bl. Grize (1983) définissent respectivement le concept de « notion » et de « classe d’objet ».

Ainsi un item comme problème suppose l’existence d’un certain degré de difficulté, ce qui va attirer presque automatiquement l’attribution de certaines propriétés comme difficile /vs/ facile. De même un verbe comme marcher implique une certaine vitesse de déplacement ce qui conduira à la supposition de l’existence des attributs rapidement /vs/ lentement. Un verbe comme courir implique déjà un degré supérieur de déplacement, ce qui fera que le contraste soit plus grand lorsqu’il s’associera dans la phrase avec un attribut inférieur comme intensité :

(96) Il court, mais lentement.

Schéma classique de l’oxymore, les termes mis en relation annulent une partie de leur contenu. Les propriétés attribuables au contenu dynamique des items receveurs peuvent prendre diverses valeurs selon la situation du discours :

 

(97)        Il marche rapidement (et) même il galope.

(98)        Il marche rapidement mais il ne court pas (encore).

(99)        Il marche, mais pas trop rapidement.

Pour réaliser l’antonymie, l’opérateur mais a toujours besoin d’un appui de la part de la négation placée soit du côté du modifié (Il n’est pas intelligent, mais brillant), soit du côté du modifiant (Il est intelligent, mais pas brillant). Dans le premier cas mais est commutable avec même et introduit un antonyme scalaire, dans le second la commutation ne peut plus fonctionner, ce qui déclenche une antonymie d’inversion.

Conclusion

Tous les tests que nous avons proposés pour vérifier le type de rapport de l’antonymie attestent le fait que cette relation s’établit surtout dans la classe des Text Box: 19
parties de discours évaluatives (adjectif, verbe, adverbe, certains noms), que les rapports entre les antonymes varient en fonction du contenu sémantiquement flou des items, ainsi qu’en fonction de la situation de discours.

En envisageant le traitement de l’antonymie au niveau des parties du discours nous avons déjà prévu le fait que cette relation connaît un fonctionnement discursif. Son interprétation doit se faire en tenant compte du fait qu’il n’y a pas toujours d’identité entre le contenu sémantique et la configuration syntaxique. Un même sens peut être rendu en se servant d’une unité simple de discours comme le mot ou d’une unité complexe comme dans le cas des expressions idiomatiques. Pour parler par exemple de quelqu’un qui n’est plus en vie on peut se servir soit d’une partie de discours simple comme le verbe mourir, et même partir dans un sens secondaire, soit des séquences compositionnelles comme perdre la vie, quitter ce monde, tomber dans le champ de l’honneur, etc. On peut remarquer que le contenu sémantique peut se glisser dans n’importe quel moule syntaxique, à moins que celui-ci connaisse une organisation compacte. Dans ce cas l’antonymie ne pourra s’établir simplement entre des lexèmes comme nous a laissé voir la perspective structuraliste, ni entre des parties de discours isolées comme on pourrait déduire si on analyse cette relation au niveau de telle ou telle catégorie grammaticale (le plus souvent l’antonymie a été étudiée dans la classe de l’adjectif et du verbe). Ce phénomène doit être regardé dans une perspective complexe qui témoigne du fait que l’antonymie ne reste pas une simple question de langue et de parties de discours.

 

TESTELE ANTONIMIEI

Rezumat

O noua privire asupra antonimiei pune în evidenta faptul ca aceasta relatie depaseste nivelul lexico-semantic si se înscrie în discurs. Recuperând binarismul aparut la nivel lexical, discursul permite realizarea unor noi opozitii datorita unor mecanisme semantico-pragmatice si discursivo-argumentative care se bazeaza pe contradictie si contrarietate. Pentru verificarea acestor opozitii, se impune conceperea unor teste, pertinente atât la nivelul limbii, cât si la nivelul discursului. Este vorba de testul negatiei implicative, de testul negatiei simultane, de cuantificare si de teste de argumentativitate. Toate acestea pun în evidenta atât raporturile logice care pot aparea între cuplurile de antonime, cât capacitatea lor de a fi gradabile sau nu, precum si o parte dintre mecanismele generatoare de antonimie la nivel discursiv.
 

 

BIBLIOGRAPHIE 

 

ANSCOMBRE, J. C., 1991, « Dynamique du sens et scalarité », in A. LEMPEREUR, L’argumentation, Mardaga, Bruxelles.

Text Box: 20

COMBETTES, B., 1984, « Quelques problèmes posés par l’étude de l’antonymie », in Pratiques, no 43, octobre, pp. 30-545, CRESEF Paris.

DUCROT, O., 1980a, Les échelles argumentatives, Les Editions de Minuit, Paris.

DUCROT, O., 1980b, Les mots du discours, Les Editions de Minuit, Paris.

DUCROT, O., 1995, « Les modificateurs déréalisants », in Journal of Pragmatics, 24, pp. 145-165.

GIERMAK-ZIELINSKA, T., 1987, Étude sur l’antonymie en français, Warszawa.

KLEIBER, G., 1976, « Adjectifs antonymes, comparaison implicite et comparaison explicite », in Travaux de linguistique et de littérature, 14, 1 pp. 277-326.

MARTIN, R., 1973, « Logique et mécanisme de l’antonymie », in Travaux de linguistique et de Littérature, 11 : 1-2, pp. 37-51, Klincksieck, Strasbourg.

MARTIN, R., 1976a, Inférence, antonymie et paraphrase. Eléments pour une théorie sémantique, Librairie C. Klincksieck, Strasbourg.

RIVARA, R., 1990, Le système de la comparaison. Sur la construction du sens dans les langues naturelles, Les Editions de Minuit, Paris.

SAPIR, E., 1944, « Grading: A Study in Semantics », in Philosophy of Science, II, Ed. Mondelbaum, trad. en fr. en 1968, Linguistique, par Boltanski, J.E. & Soulé-Susbielles, M., Les Editions de Minuit, Paris.

SCHWAB, D., LAFOURCADE, M., PRINCE, V., 2001, Antonymie et vecteurs conceptuels, in http:// www.lirmm.fr/~{scwab, lafourca, prince}.

TUTESCU, M., 1998, L’Argumentation, TUB, Bucuresti.


[1]   C’est la même chose pour l’opposition cru /vs/ cuit qui forme les extrêmes contradictoires, tandis que non-cuit implique une valeur moyenne de l’opposition cru /vs/ non-cuit, à savoir pas encore cuit.

[2] Nous ne tenons pas compte ici de la distinction opérateur /vs/ connecteur réalisée par J. Moeschler (1985), en considérant que mais tout comme même opère sur une unité du discours pour lui imprimer un certain comportement discursif et argumentatif.

 

spaniola

resurse pentru studiul limbii engleze, exercitii de gramatica, eseuri, studii si comentarii...

slovaca

informatii complete despre structura gramaticala a limbii, informatii despre cultura si folclorul slovac...

studii europene

invata sa devii un specialist european - Romania are nevoie de tine si e important sa apreciezi valrile europene...

studii americane

cultura americana cu valorile ei, concepte inedite, forme de expresie si de atitudine in noua ordine mondiala...

o facultate?

facultatea de limbi si literaturi straine poate fi raspunsul pe care il cauti - o echipa talentata de profesori iti arata calea...

mobilitate

pentru ca esti tanar, trebuie sa profiti de ocaziile pe care le ai - aici descoperi informatii despre burse si mobilitati...

 

PARTENERI: www.limbi-straine.ro | www.american-studies.ro | www.ggr.ro | www.work-travel.ro | www.asls.ro

ScoalaOnline | Invata o limba straina!

 

Home | BAC/Teze | Biblioteca | Referate | Games | Horoscop | Muzica | Versuri | Limbi straine | DEX

Modele CV | Wallpaper | Download gratuit | JOB & CARIERA | Harti | Bancuri si perle | Jocuri Barbie

Iluzii optice | Romana | Geografie | Chimie | Biologie | Engleza | Psihologie | Economie | Istorie | Chat

 

Joburi Studenti JOB-Studenti.ro

Oportunitati si locuri de munca pentru studenti si tineri profesionisti - afla cele mai noi oferte de job!

Online StudentOnlineStudent.ro

Viata in campus: stiri, burse, cazari, cluburi, baluri ale bobocilor - afla totul despre viata in studentie!

Cariere si modele CVStudentCV.ro

Dezvoltare personala pentru tineri - investeste in tine si invata ponturi pentru succesul tau in cariera!

 

 > Contribuie la proiect - Trimite un articol scris de tine

Gazduit de eXtrem computers | Project Manager: Bogdan Gavrila (C)  

 

Toate Drepturile Rezervate - ScoalaOnline Romania